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Editorial 2016


PaaLabRes :
Pratiques Artistiques en Actes, LABoratoire de REchercheS

PaaLabRes (Pratiques Artistiques en Actes, Laboratoire de Recherches) est un collectif de musiciens, en existence depuis 2011, qui tente de définir les contours d’une recherche menée par les praticiens eux-mêmes autours d’expressions artistiques qui ne débouchent pas sur des œuvres définitives. Dans un texte initial publié par Revue&Corrigé1 en 2012 le collectif se définissait de la manière suivante :

« Les technologies électroniques ont créé les conditions d’une grande diversité de pratiques artistiques, par le seul fait d’un accès décuplé aux informations sur le plan mondial et historique. De nombreuses pratiques se démarquent aujourd’hui, d’une part, des institutions représentant des patrimoines sacralisés et, d’autre part, des industries culturelles commercialisées, en vue d’inventer – très souvent de manière collective – au quotidien leurs « arts de faire ». Nous appellerons ces pratiques artistiques « nomades et transversales », car elles tendent à refuser de se figer dans des œuvres définitives en remettant continuellement sur le chantier des matériaux selon des situations particulières, et elles tendent aussi à refuser des étiquettes esthétiques ou professionnelles identitaires en bricolant au quotidien des chemins de traverse. »

L’objectif de PaaLabRes est de réunir par l’action, la réflexion et la recherche, des pratiques diversifiées qui ne se reconnaissent ni dans les formes figées des patrimoines, ni dans celles imposées par les industries culturelles. Ces pratiques font souvent place à la création collective, à l’improvisation, à la collaboration entre les arts, sans pourtant faire l’objet d’une identité excluant d’autres formes d’interaction ou de production. Remettant en cause l’autonomie de l’art par rapport à la société, elles se fondent au quotidien sur des contextes qui mêlent l’artistique au sociologique, au politique, au philosophique et aux logiques de transmission et d’éducation. De ce fait elles restent instables et changeantes, de véritables pratiques nomades et transversales.

La publication électronique PaaLabRes a deux fonctions : premièrement de rendre compte de la recherche artistique liées aux pratiques qui intéressent le collectif ; deuxièmement d’utiliser le site proposant des outils multimédias pour développer de nouvelles formes d’expression artistique et par là mener notre propre recherche. C’est ainsi qu’il y a une volonté de notre part d’inclure une diversité d’objets, tels que textes, vidéos, fichiers audio, graphismes, etc. Il s’agit aussi de confronter des articles de recherche de format universitaire, avec des productions poétiques et artistiques, en passant par des contributions réflexives plus ou moins formalisées se présentant sous diverses formes. Pour rendre compte de cette diversité, le site se présente sous la forme d’un plan de métro, dans lequel différentes lignes représentent des catégories de préoccupation qui peuvent se croiser dans les stations « à correspondance ».

Le développement du site a été assuré par le collectif PaaLabRes, avec notamment la contribution principale de Nicolas Sidoroff. Un comité composé de Samuel Chagnard, Noémi Lefebvre, Nicolas Sidoroff et de Jean-Charles François a été en charge de développer les contenus de l’espace numérique. Nous avons reçu l’aide précieuse de Sandrine Desmurs dans le développement du site. Ce développement – et notamment cette idée de plan de métro – n’aurait pu se faire sans l’aide précieuse d’un travail initial mené par quatre étudiantes du Master « Architecture de l’information » de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon : Ariane Faraldi, Chloé Demarbaix, Emeline Mercier et Laurence Tranchand-Granger. Le tuteur de ce projet était Jean-Philippe Magué, Maître de Conférence en Humanité Numériques. Ces étudiantes ont mené une enquête sur les éventuels futurs usagers et contributeurs au site PaaLabRes, de rechercher les réalisations de revues artistiques numériques similaires à celle que nous voulons développer en vue d’identifier les meilleures pratiques, et de proposer une architecture du site compatible avec nos objectifs et ressources (voir le lien http://archinfo05.hypotheses.org/218).

Nous remercions vivement cette équipe et l’ENS de Lyon pour la réalisation de ce projet.

 

La ligne centrale « Cartographie PaaLabRes » : Au centre de ce plan de métro se trouve une ligne circulaire, qui est là en quelque sorte pour fonder notre démarche PAALabRes. Les stations de cette ligne représentent les neuf concepts qui nous paraissent importants : « Nomade », « Transversal », « Expérimental », « Discipline », « Praxis », « Musique à faire », « Opérations culturelles », « Oralité », « Ecologie des pratiques ». Chaque station de cette ligne est reliée à toutes les autres par des « Itinéraires-Chants ». Pour plus de précision sur cette ligne centrale, il faut aller dans : Paarcours : la ligne centrale « Cartographie PaaLabRes ».

La ligne de métro « Politique » : Une ligne de métro comportant quatre stations a été créée pour refléter une des préoccupations principales du collectif concerne la position de l’artiste aujourd’hui dans la société. Pour plus de précision sur cette ligne, il faut aller à Paarcours : la ligne de métro « Politique ».

La ligne Improvisation : Lors de la création de l’espace numérique (juin 2016), cette ligne ne comportait qu’une station spécifique, croisant la ligne « Politique » : une traduction française d’un article du compositeur et improvisateur américain George Lewis, Postface à « La musique improvisée après 1950 », Le pareil qui change. Fin mars 2017, une nouvelle station est créée : « The Bridge », texte d’une rencontre qui a eu lieu au Periscope à Lyon entre des musiciens du Bridge 4 (Julien Desprez, Rob Mazurek et Alexandre Pierrepont) et des musiciens de PaaLabRes (Jean-Charles François, Gilles Lavale et Nicolas Sidoroff).

La ligne « Recherche artistique » : Des précisions sur cette ligne peuvent être trouvées à : Paarcours : la ligne « Recherche artistique ».

La ligne « Compte-rendu de pratiques » : Cette ligne devrait jouer un rôle important dans le futur de la publication PaaLabRes, pour constituer une base de données riches en expériences et capable de susciter des comparaisons de dispositifs ou de procédures. Voir Paarcours : la ligne « Compte-rendu des pratiques ».

Le contenu de chaque ligne est présenté séparément dans la page « Paarcours ». Nous vous encourageons à lire ces présentations.

Conclusion

Le collectif PaaLabRes espère que la formule d’espace numérique qui est en train d’être élaborée pourra dans l’avenir accueillir des contributions variées, allant de formes artistiques hybrides originales à des réflexions fondamentales sur les pratiques artistiques d’aujourd’hui. Il est très important pour nous de pouvoir refléter une diversité dans les domaines de la production artistique, des expressions culturelles, des manières de présenter la recherche, et de mêler les divers médias en présence. Notre projet est de faire dialoguer le détachement de la recherche formelle avec la légèreté des discours sans objets, en passant par l’ironie des polémistes et la vigueur des débats politiques. L’enjeu est la place des pratiques artistiques dans le contexte compliqué de notre société multiple, dans une triple direction fortement interactive : logique des pratiques, logique d’enseignement, logique de recherche.

Le collectif PaaLabRes — 2016
Samuel Chagnard, Jean-Charles François, Laurent Grappe,
Karine Hahn, Gilles Laval, Noémi Lefebvre,
Pascal Pariaud, Nicolas Sidoroff, Gérald Venturi.

1. Voir l’article dans Revue&Corrigée N°95, mars 2013, « 1. Paalabres. Projets de Pratiques Artistiques en Acte, Laboratoire de recherche »).

English Editorial 2017

Edition 2017: Graphic Scores

Music is irreducible to the spoken word, it is well understood, no language structure can account for it. In order to say that there is nothing that can be said about music, nevertheless one has to say it.

The idea that sounds cannot be represented by signs, images, by the visual world in general, is less often expressed. Any sonority that cannot be simply measured – as for example timbre in its global complexity – could not be, according to this enunciation, reduced to a system of signs. The accumulation of signs necessary to represent the totality of the sound matter would render the notation unreadable. In order to demonstrate the impossibility of representation, one has to demonstrate it by signs.

Already two paragraphs full of pointless signs for expressing the pointlessness of the effort to conciliate the sonic and visual realms. Yet, in order to make music, one has beforehand to telephone each other, to talk – a language on the subject of music – and then to take from one’s pocket a diary in which to inscribe the place and time of the encounter – a graphic writing linked to the practice of music. Even in the case of an impromptu encounter, the very decision to make music together can be considered as an inscription. Would that allow the naming of this type of process “graphic score”?

The visual elements inscribed on the page of the diary do not prescribe sounds that will be produced at this date, in that place which is associated with it, and with the persons who have written the same “score” in their note book. The graphics in the diary, foreseeing what will happen at such a date and in such place allows the definition of the time and space of the music, the partial planning of its unfolding. As for the rest, anything may happen. The sound combinations and their eventual meaning have to be elaborated at the moment of the encounter.

Graphics, which determine something different from the musical materiality in itself, give that delicious impression of needing no mediation whatsoever: everybody can have access to it in an immediate manner without difficulty. The presence of a score assumes the same function as a totem in the religious and enigmatic sense: it implies the obligation to do an action, some movements, some sounds, and its absence paralyzes. But if the mediations are not provided by the graphics, they remain necessary elements for action to take place. One has either to call on some resources – knowledge or know-how – already present in the performer’s realm, or to invent some kinds of mediations – codes, rules, different means to transform the visual into sound. The advantage that graphic scores have in relation to the dryness of the daily notebook inscriptions, is that they contain generally enough salient elements for giving rise to codes, either in an existing framework (recalling for example notational systems already in use), or in some framework to be invented by the participants. Everybody can have access to action, on the condition that the lack of mediations specified in the graphic score could give rise to mediations – instituted or to be invented – appropriate to the situation of the participants.

This is precisely the PaaLabRes project, to conciliate free sounds and academic language, the profound implication of artists in production and the access for all to practices, the well identified objects with those which have to be continuously re-actualized, the private space with public presentations. And let’s not forget hybrid activities, which get artists to think outside their narrow professional corporate world. In other words our aim is to conciliate the visual world irreducible to sounds and the sound world impossible to represent; in this way to go beyond the “readable”.

 

The use of graphic scores is today widespread in extremely varied contexts and aesthetical modes of behavior. The new edition “Graphic Scores” of the PaalabRes site [paalabres.org] shows a good sampling of this diversity, without pretending to cover the field in an exhaustive manner. For us, the confrontation of realizations by very different groups is of particular importance: professionals, amateurs, students, young pupils, electroacoustic realizations, contributions based on original works by visual artists. This diversity, which is also a good representation of the democratic character of practices implying graphic scores, is expressed in particular around Treatise (1963-67) by Cornelius Cardew, a referent work for many musicians: seven interpretations of this piece are presented.

This new edition is presented in the form of a roadmap, inspired by of the metro map of our first formal proposition (2016 Edition), taking as basis a photography of a painting by Lyon artist Christian Lhopital (we thank him for his generous contribution). We took advantage of the presence of these seismic “faults” to use them as lines for connections between what we call “known places” [“lieux-dits”] in a meaningful way. Some contributions are grouped together on the map in regions (Treatise, films, documentation). The map consists of two big categories:

Some artistic realizations

  1. An artistic performance (audio or video) of a graphic score, which can be triggered by clicking on the “known place”, that is the name of the contribution. An explicative, theoretical or poetical text appears when one goes from one known place to either of the two neighboring “known places”, in the form of a collage with the text of the neighboring contribution.
  2. Performances of Cardew’s Treatise, which are clustered in one part of the map and are presented in the same format as in (a).
  3. Three musical illustrations of films.

Some contributions with texts
which serve as reference

  1. David Gutkin, “Drastic or Plastic?: Threads from Karlheins Stockhausen’s “Music und Graphik,” 1959”, Perspectives of New Music, Vol. 50, N° 1-2 (Winter/Summer 2012), pp. 255-305 (academia.edu),for historical and critical perspectives.
  2. “Réflexions sur les partitions graphiques” by Etienne Lamaison, extracts from his recent PhD thesis on non-procedural graphic scores.
  3. Interview of Pascal Pariaud on his pedagogical practices linked to graphic scores.
  4. A collage of texts (in French) on Cardew’s Treatise (by Cornelius Cardew, John Tilbury, David Gutkin, Christopher Williams, Matthieu Saladin, Keith Rowe, Arturas Bumsteinas, Laurent Dailleau, Jim O’Rourke and Jean-Charles François)
  5. Interview of Xavier Saïki, member of the collective Ishtar, on Cardew’s Treatise.
  6. A small area called “Documentation” with contributions by Carl Bergstroem-Nielsen on his International Improvised Music Archive (IIMA) and by Ensemble Aleph on a graphic scores exhibition (“Musique et Graphisme”) organized at Issy-les-Moulineaux during the 1980s (names of the “known places” in white without black edging).

You can move freely in the new map by clicking on any of the names of the known places. But the spirit of our approach is definitively on the side of taking a path following the lines, or seismic “faults” (as in “San Andreas fault”): the strolling from one known place to its neighbor reveals a collage of texts or spoken words provided by the contributors. We strongly encourage you to follow a pathway along on a fault line.

The site is in French. Whenever possible an English abstract of an article is provided. The sources of the texts already published in English are indicated. Original contributions for paalabres.org in English are provided in pdf format.

The Collective PaaLabRes: Samuel Chagnard, Guillaume Dussably, Jean-Charles François, Laurent Grappe, Karine Hahn, Gilles Laval, Noémi Lefebvre, Pascal Pariaud, Nicolas Sidoroff, Gérald Venturi.

 

Important information about the practical conditions for realizing the 2016 and 2017 editions of the digital space “PaaLabRes”

The totality of the production of the digital space “PaaLabRes” – architecture of the site, creation, translations, technical aspects of the realization – is done with a complete absence of financial means and on the basis of volunteer work. The digital space comes into reality thanks to the participation of artists who can do this because they are salaried in some educational institution or retired from this duty, and who give their time within the limits of their possibilities. These same persons additionally have to carry on with their own research and/or artistic projects, often pursuing a doctoral degree. Some actions (i.e. workshops) carried out by the PaaLabRes collective generate a small percentage in order to pay for the site’s hosting services.

But how can web platforms and communities developing Internet tools (of “framasoft” type) continue to fight the system? How is it possible to escape the invasion of publicity, which is the counterpart of Internet being free of charge?

In the first 2016 Edition, for example, we used “youtube” in order to realize the 72 Itineraries-Songs. This was an “easy” solution to the problem of the enormous space taken by these files, but one which imposed (through “Google”) the presence of publicity. For the 2017 Edition, we have decided to use the platform “viméo”, which appeared to us to correspond more to our sense of ethics, but the inconvenience of the presence of publicity (“Staffpicks”) remains. The trick we have designed to counter it consists in giving ample time to users to click on internal links of the site before the appearance of any publicity.

The issue of the lack of means for alternative research projects and for the use of digital communication tools remains to be debated. All remarks and good ideas on this subject would be very welcome. And more generally any critical feedback on our endeavors would be of great use to us.
Your comments (in english) can be sent at this address: contact[chez]paalabres.org

 

Editorial 2017

Edition 2017 “Partitions graphiques”

La musique est irréductible à la parole, c’est entendu, aucune structure de langage ne peut en rendre compte. Pour dire qu’on ne peut rien dire sur la musique, il faut pourtant le dire.

L’idée que les sonorités ne peuvent pas être représentées de manière adéquate par des signes, des images, par le monde visible en général, est moins souvent exprimée. Tout ce qui dans le son ne peut être mesuré de manière simple – le timbre dans sa complexité globale – ne pourrait selon cet énoncé se réduire à un système de signes. L’accumulation de signes pour représenter la totalité de la matière sonore rendrait illisible la notation. Pour démontrer l’impossibilité de la représentation, il faut le montrer par des signes.

Déjà deux paragraphes de signes inutiles pour exprimer l’inutilité de l’effort de concilier le sonore et le visuel. Pourtant pour faire de la musique il faut souvent se téléphoner, se parler – un langage sur la musique – puis sortir de sa poche son agenda et y inscrire le lieu et l’heure d’une rencontre avec l’autre personne – une inscription graphique liée à la pratique de la musique. Et dans le cas d’une rencontre impromptue, la décision même de faire de la musique ensemble peut être considérée comme une inscription. Pourrait-on alors nommer tout ce processus « partition graphique » ?

Les éléments visuels inscrits dans la page de l’agenda ne prescrivent pas les sons qui vont être produits à cette date, dans le lieu qui lui est associé et avec les personnes qui ont écrit la même « partition » sur leur calepin. Le graphisme dans l’agenda prévoyant la date et le lieu permet la définition du temps et de l’espace de la musique, la planification partielle de son déroulement. Mais pour le reste tout peut arriver. L’agencement des sons et leur sens sont à construire au moment de la rencontre.

Les graphismes, qui déterminent autre chose que la matière musicale elle-même, donnent cette délicieuse impression de se passer de toute médiation : tout le monde y accède de façon très immédiate et sans difficulté. La présence d’une partition joue la même fonction qu’un totem, au sens religieux et énigmatique : elle oblige à faire une action, des mouvements, des sons, et son absence paralyse. Si les médiations ne sont pas données par les graphismes, elles restent des éléments indispensables à l’action. Il faut alors soit faire appel aux ressources déjà en place chez l’interprète, soit inventer des médiations sous forme de codes, de règles, de manières de transformer le visuel en sonore. L’avantage des partitions graphiques par rapport à la sécheresse de l’inscription sur l’agenda, c’est qu’elles contiennent généralement assez d’éléments saillants pour constituer des codes, soit dans un cadre déjà existant (rappelant par exemple des systèmes de notation déjà en usage), soit dans un cadre à inventer par les participant·es. Tout le monde accède à l’action, à condition que l’absence de médiations spécifiées puisse donner lieu à des médiations – déjà instituées ou à inventer – appropriées à la situation des participant·es.

C’est là le projet de PaaLabRes, concilier les sons en liberté et le langage académique, l’implication profonde des êtres dans la production et l’accès de tou·tes aux pratiques, les objets bien identifiés avec ceux qu’il faut continuellement réactualiser, l’espace privé et les prestations publiques. Et sans oublier les activités hybrides qui projettent les artistes hors de leurs étroites corporations : concilier le monde du visuel irréductible aux sons et celui des sonorités impossible à représenter ; ainsi sortir du “lisible”.

 

L’usage des partitions graphiques est aujourd’hui très répandu dans des contextes et des modes esthétiques extrêmement variés. La nouvelle édition « Partitions graphiques » du site PaaLabRes représente bien cette diversité sans pour autant prétendre à l’exhaustivité. Particulièrement importante pour nous est la confrontation de réalisations par des groupes très différents : professionnel·les, amateur·rices, étudiant·es, jeunes élèves, réalisations électroacoustiques, contributions à partir d’œuvres originales d’artistes dans le domaine plastique. Cette diversité des pratiques impliquant les partitions graphiques s’exprime en particulier autour de Treatise (1963-67) de Cornelius Cardew, ouvrage de référence pour beaucoup de musicien·nes dont nous présentons sept réalisations.

Cette nouvelle édition se présente sous forme d’une carte s’inspirant du plan de métro (Édition 2016), à partir de la photo d’un tableau de l’artiste lyonnais Christian Lhopital (merci pour sa généreuse contribution). Nous avons profité de la présence de lignes de failles sur ce tableau pour positionner des « lieux-dits » et organiser leurs connexions. La carte est constituée de contributions regroupées en régions (Treatise, films, documentation). Elles représentent deux grandes catégories :

  1. Une réalisation artistique (audio ou vidéo) d’une partition graphique se déclenche au “clic” sur le lieu-dit, c’est-à-dire sur le nom de la contribution. Un texte explicatif, théorique ou poétique, apparaît lorsqu’on passe d’un lieu-dit à l’un de ses voisins immédiats, sous la forme d’un collage avec le texte de la contribution voisine.
  2. Des réalisations de Treatise de Cardew, sous la même forme que a), regroupées dans une région de la carte.
  3. Trois exemples d’illustration musicale de films.

Des contributions sous forme de textesElles servent de points de référence :

  1. “Drastique ou plastique ?” Les liens avec « Musik und Graphik » de Stockhausen, 1959” par David Gutkin, dans des perspectives historiques et critiques.
  2. “Réflexions sur les partitions graphiques” de Etienne Lamaison, extraits d’une récente thèse sur les partitions graphiques non-procédurales.
  3. Une interview de Pascal Pariaud portant sur les pratiques pédagogiques liées aux partitions graphiques.
  4. Un collage de textes sur Treatise de Cardew (par Cornelius Cardew, John Tilbury, David Gutkin, Christopher Williams, Matthieu Saladin, Keith Rowe, Arturas Bumsteinas, Laurent Dailleau, Jim O’Rourke et Jean-Charles François).
  5. Une interview de Xavier Saïki, membre du collectif Ishtar, sur Treatise de Cardew.
  6. Une région « documentation » avec les contributions de Carl Bergstroem-Nielsen sur son International Improvised Music Archive (IIMA) et de l’Ensemble Aleph sur une exposition de partitions graphiques (« Musique et Graphisme ») organisée à Issy-les-Moulineaux dans les années 1980.

Vous pouvez vous déplacer librement dans la nouvelle carte en cliquant sur les noms des divers lieux-dits. Mais l’esprit de notre démarche est définitivement tourné vers le paarcours en suivant les lignes de faille : la balade d’un lieu-dit à son voisin fait apparaître un collage de textes ou de paroles, réalisé par PaaLabRes à partir d’éléments fournis par les contributeur·rices. Nous vous encourageons vivement à suivre un itinéraire le long d’une ligne de faille.

Le Collectif PaaLabRes : Samuel Chagnard, Guillaume Dussably, Jean-Charles François, Laurent Grappe, Karine Hahn, Gilles Laval, Noémi Lefebvre, Pascal Pariaud, Nicolas Sidoroff, Gérald Venturi.

 

Informations importantes sur les conditions pratiques de la réalisation des éditions 2016 et 2017 de l’espace numérique « PaaLabRes »

La totalité de la production de l’espace numérique PaaLabRes – structuration du site, création, traductions, réalisation technique – se fait à partir d’une absence totale de moyens et sur la base du bénévolat. Le travail est effectué par des artistes qui sont par ailleurs salariés dans des structures d’enseignements ou bien à la retraite, et qui donnent leur temps dans les limites de leurs possibilités pour rendre possible ces publications. Ces mêmes personnes sont en plus impliquées dans leurs propres projets de recherche et de création artistique, souvent dans le cadre d’études menant au doctorat. Certaines actions (ateliers) propres au collectif PaaLabRes génèrent un tout petit pourcentage en vue de payer les frais d’hébergement du site.

Mais comment vivent les plateformes et communautés de développement d’outil internet (type framasoft) en lutte contre le système ? Comment échapper à la contrepartie de la gratuité d’Internet, constituée par l’envahissement publicitaire ?

Dans la première édition 2016, nous avons par exemple utilisé « youtube » pour la réalisation des 72 Itinéraires-Chants. C’était une solution « facile » pour des fichiers qui dans leur addition pesaient lourds en espace. Mais elle impliquait 1) le recours à, et donc la participation à la googlelisation et la récupération massive et organisée des données  et 2) la présence imposée par « google » de publicité sur certaines vidéos. Pour l’édition 2017, nous avons décidé d’utiliser la plateforme « viméo », ce qui nous a paru mieux correspondre à notre sens de l’éthique, mais l’inconvénient de la présence de la publicité façon "Staffpicks" n’a pas été évité pour un compte gratuit… La ruse que nous utilisons est de donner un peu de temps pour cliquer sur des liens internes au site avant l’apparition de cette publicité.

Les dossiers sur le manque de moyens pour des projets de recherche alternatifs et l’utilisation des outils de communication numérique restent à instruire. Toutes les remarques et bonnes idées que vous pourriez exprimer à ce sujet seront beaucoup appréciées de notre part. Et d’une façon plus générale, tout retour critique sur notre démarche nous sera d’une très grande utilité.
Les commentaires peuvent être envoyés à l’adresse suivante : contact[chez]paalabres.org